Balade forestière
Arborescence dans une forêt communale
L’association aide à créer du lien au travers d’ateliers divers, de moments d’échanges, de groupes de soutien, de sorties nature, etc, tout comme une forêt crée du lien entre ses arbres et ses hôtes. En août 2026, Arborescence organisait une sortie découverte dans une forêt de la commune de Bois d’Amont. Bruno Cretin-Maitenaz expliquait le milieu forestier aux promeneurs, parmi lesquels Gaël, 3 ans, Camille, 6 ans et Indi, 14 ans, petit chien déployant une forme ultra-olympique !
Les parcelles privées sont gérées par des gardes forestiers privés et les parcelles communales le sont par l’ONF. Le groupe pouvait voir des (vestiges de) murets servant de délimitation, des feuillus et des résineux (futaie jardinée), des épicéas attaqués par le scolyte (ils ont la cime qui rougeoit (on dit qu’ils « tournent »), le scolyte descend progressivement dans le tronc), des piles de grumes en bordure de chemin, chaque fût portant une étiquette avec un numéro, le nom de la scierie ou de l’acheteur, le marquage éventuel -1P ou -2P signifiant que le tronc est pourri sur 1 ou 2 m, donnée qu’il faudra enlever lors du calcul du cubage noté sur un carnet pour vérification avec le garde forestier ou la scierie.
Entre 2 et 5 mm
A l’époque des hivers longs et rudes, la femelle scolyte ne faisait qu’une ponte dans l’année. L’enchainement d’hivers qui n’en sont plus et d’étés caniculaires favorise la prolifération du scolyte, dont la femelle peut faire jusqu’à 5 pontes dans l’année, de même les larves devenues adultes peuvent se reproduire la même année. La femelle fécondée creuse une galerie maternelle dans le liber pour y pondre ses œufs qui se transforment en larves qui creusent des galeries perpendiculaires à la galerie maternelle. Les larves se nourrissent du liber qui transporte la sève élaborée (descendante), jusqu’au dessèchement complet de l’arbre. Devenues adultes, elles creusent des trous dans l’écorce pour se libérer de leur « prison » et chercher un partenaire de reproduction.
La balade se terminait par une démonstration de découpe de sangles, des travaux pratiques et un goûter à l’ombre des arbres.
Rendez-vous insolite avec un sanglier…
Si Bruno Cretin-Maitenaz emmène accessoirement des gens dans des sorties découverte, il est principalement sanglier. Non pas qu’il se transforme en quadrupède sauvage après abus de liqueur de sapin ou de gentiane ! non, non ! il découpe des sangles dans des épicéas.

En fin d’une balade sur des chemins forestiers organisée par Arborescence en août 2026, Bruno arrivait avec son groupe sur un tas de grumes pour un atelier d’initiation au métier de sanglier (avec autorisation préalable du propriétaire).
Il expliquait la structure d’un tronc d’épicéa, les attaques du scolyte, la découpe dans un bois sain de sangles destinées à entourer le mont d’or franc-comtois et le vacherin suisse. Pour ce faire, il commence par écorcer un arbre avec sa PLUMETTE (il utilise un cricri ou TOURNE-BOIS pour faire tourner le tronc), puis il mesure des sections avec son GABARIT À POINTE de 37 cm (il utilise aussi des gabarits de 42/45/50/100 cm) et découpe des longueurs avec sa CUILLERE (largeur uniforme de 33 cm) dans le LIBER (couche tendre juste sous l’écorce).
L’avantage de l’épicéa est qu’il est droit, sans nœuds et sans branches basses. La forêt doit être gérée durablement, SANS pesticides ni fongicides ni insecticides, puisque la sangle sera en contact avec le fromage auquel elle donnera ce fameux goût boisé. Bruno fait des liasses de 25 éléments qu’il met à sécher sur des claies à l’extérieur, à l’air libre sous abri. Il nettoie ses mains et ses outils avec de l’huile de table.
La démonstration était suivie de travaux pratiques : chacun découpait une sangle, même Gaël 3 ans (aidé par son papa) et Camille 6 ans (aidée par sa maman), à emporter chez soi, à faire sécher et à aplatir sous un poids lourd pour servir plus tard de marque-page. Les « apprentis sangliers » étaient ravis de cet après-midi très instructif !
H.P.

